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Découvertes ornithologiques

Textes de Caroline Blanvillain, Philippe Raust et autres membres de la SOP Manu

A la découverte des oiseaux des îles

Martin-chasseur des Marquises ©Tun Pin ONG

Martin-chasseur des Marquises©TunPinONG

De nombreuses îles permettent de faire de belles découvertes ornithologiques en Polynésie française.

Les îles de Rimatara aux Australes et de Ua Huka aux Marquises, parce qu’elles sont les dernières îles habitées indemnes de rats noirs, possèdent deux des plus beaux oiseaux de Polynésie : le ʹura ou Lori de Kuhl sur Rimatara et le pīhiti ou Lori ultramarin sur Ua Huka.

Tahuata aux Marquises renferme la dernière population de pahi ou Martin-chasseur des Marquises parce qu’elle n’a pas encore été colonisée par le Hibou Grand-duc, introduit d’Amérique à Hiva Oa en 1927 pour combattre le rat noir.

Makatea aux Tuamotu possède l’ultime population de rupe ou Carpophage de la Société, exterminés à Tahiti par l’arrivée du Busard de Gould, introduit en 1885 pour les mêmes raisons.

Les curieux pourront admirer facilement son cousin, comme lui un pigeon géant d’un mètre d’envergure, le ‘upe ou Carpophage des Marquises à Nuku Hiva ou Ua Huka.

Mais si vous ne pouvez pas vous rendre sur une de ces îles magiques, rassurez-vous ! Certaines espèces dignes d’intérêt résistent bien aux envahisseurs et donneront aussi lieu à d’inoubliables découvertes ornithologiques. Ainsi les Martins-chasseurs, Rousserolles et Ptilopes apportent leurs couleurs jaunes, vertes et roses aux arbres de la plupart des îles habitées. Ce sont comme autant de reflets d’une splendeur à préserver.


Des oiseaux uniques au monde

Jeune Monarque de Tahiti©Jean-Paul Mutz

Jeune Monarque de Tahiti©Jean-Paul Mutz

L’avifaune terrestre polynésienne compte seulement trente-quatre espèces. Ce petit nombre masque cependant un taux d’endémisme élevé. Ainsi à l’exception de cinq espèces présentes ailleurs dans le Pacifique Sud, toutes les formes sont endémiques. On ne les rencontre qu’en Polynésie française.
Ils représentent donc une richesse de notre patrimoine naturel.

Cet endémisme est le reflet de la géographie physique de la Polynésie française. Ce territoire est composé d’îles situées en plein centre de l’océan Pacifique à des milliers de kilomètres des grands continents.

Les îles polynésiennes, qui étaient exemptes de mammifères et quasi-indemnes de prédateurs, ont permis le développement de particularités totalement absentes chez les oiseaux des continents.

Ainsi, les oiseaux terrestres endémiques de Polynésie n’ont souvent aucune méfiance, ils ne s’enfuient pas et viennent parfois vous observer. Certains accourent même à votre rencontre si vous débarquez dans les rares îles préservées où ils persistent.

Afin de ne pas saturer leur habitat, ils sont peu prolifiques. Prenons l’exemple du ʹōmāma’o ou Monarque de Tahiti qui produit en moyenne un seul petit par an et par nid, alors que les passereaux des continents font plusieurs nichées de plusieurs oisillons chaque année, ce qui compense entre autres, les pertes liées à la prédation.


Des oiseaux menacés

Lori de Kuhl © Jean Kape

Lori de Kuhl © Jean Kape

L’arrivée des Polynésiens et des premiers mammifères (le rat polynésien, le cochon et le chien) a entrainé une première vague de disparition chez ces oiseaux naïfs, amplifiée ensuite par l’arrivée des Européens et d’autres prédateurs redoutables tels que le rat noir (très arboricole) ou le chat.

Malheureusement, de nombreuses autres espèces dites exotiques envahissantes (EEE), tant végétales qu’animales, détruisent ou modifient les habitats d’origine. Ces « EEE » exercent aussi une prédation sur les nichées à l’exemple du Martin triste ou entrent en compétition avec les oiseaux endémiques.

Les trente-quatre oiseaux terrestres actuels sont des survivants car de nombreuses espèces terrestres se sont déjà éteintes depuis l’arrivée de l’homme.

Or ces survivants sont en bien mauvaise posture : 75% des espèces d’oiseaux endémiques de Polynésie française sont menacées de disparition selon l’U.I.C.N (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Cette diversité unique est donc très fragile mais elle contribue à l’originalité et à la beauté du territoire.


La Polynésie riche de ses oiseaux de mer

Gygis_Tahanea - Photo Jean Kape

Gygis blanche © Jean Kape

La Polynésie est constituée d’un ensemble d’îles qui s’étend sur une région géographique considérable comprenant des zones marines très variées, depuis les eaux chaudes équatoriales jusqu’aux eaux tempérées au sud du tropique du Capricorne.

Cela se traduit par un nombre élevé d’espèces nicheuses, par des effectifs importants pour certaines espèces et par la présence d’espèces rencontrées nulle part ailleurs dans le monde, comme le Pétrel de Murphy par exemple.

La richesse de la Polynésie en oiseaux marins est ainsi une des plus importantes que l’on puisse observer dans les régions tropicales.


Comment reporter vos découvertes ornithologiques ?

Phaéton à brins rouges ©Jean KapeVous êtes prêt à rentrer vos observations d’oiseaux ?

Pour aller sur le site de eBird en français : http://ebird.org/content/ebird/?lang=fr

Pour rentrer vos observations d’oiseaux, il faudra tout d’abord créer votre compte en cliquant sur l’onglet:
« Soumettre ses observations »

Pour visualiser toutes les observations déjà faites en Polynésie française, allez sur :
http://ebird.org/ebird/country/PF?yr=all


Faites de belles découvertes ornithologiques et partagez-les avec tous !