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Protection du Monarque de Tahiti

E
ndémique de Tahiti, le Monarque de Tahiti ou ‘ōmāma’o (Pomarea nigra) est classé en danger critique d’extinction (CR).
Seuls 12 individus étaient connus en 1998, date à laquelle la SOP s’est lancé dans son sauvetage.
Grâce à des efforts continus de protection des nids de cette espèce peu prolifique, on compte désormais 53 oiseaux (adultes et jeunes sub-adultes) et 23 couples suivis se sont reproduits lors de la saison 2015-2016.


UN DES OISEAUX LES PLUS MENACES AU MONDE

Autrefois présente jusqu’en bord de mer, l’espèce s’est raréfiée spectaculairement depuis l’arrivée des Européens sur Tahiti. Ses effectifs sont suivis depuis 1998 par la SOP.

Ce sont les rats noirs qui sont les principaux responsables de cette situation. Très arboricoles, ils exercent une prédation sur les nids et empêchent ces oiseaux de se reproduire. Malheureusement Tahiti regorge d’autres espèces introduites envahissantes, qui sont autant de nouvelles menaces pour le Monarque. Des oiseaux introduits perturbent sa reproduction, mangent ses poussins voire même les adultes. Des plantes invasives modifient son habitat, tandis que les chèvres prolifèrent dans une des dernières vallées où il persiste. Enfin, la petite fourmi de feu, particulièrement destructrice pour l’avifaune, colonise progressivement Tahiti.

PARRAINER UN OISEAU

La survie du Monarque de Tahiti dépend entièrement de la poursuite des actions de conservation. La SOP lance donc un appel pour parrainer chaque oiseau suivi. Le parrain recevra la fiche d’identification de son filleul et pourra le « suivre » grâce à un bilan après chaque mission. Si vous souhaitez aider cette espèce au bord de l’extinction, contactez-nous,

par mail : sop(at)manu.pf

ou par téléphone +689 40 52 11 00


ESPÈCES INTRODUITES


Les Martins tristes (appelés localement Merles des Moluques) et les Bulbuls à ventre rouge sont des espèces introduites, agressives et particulièrement nuisibles.

DÉRATISATION


L’action de dératisation : une priorité depuis des années.
Depuis 1998, plusieurs centaines de stations de dératisation ont été installées dans les territoires des Monarques afin de contrôler l’ennemi public numéro 1. La zone haute de Maruapo est depuis 2009 incluse dans le programme de sauvegarde, ce qui représente une surface dératisée deux fois plus importante que par le passé.


LA LUTTE CONTRE LES OISEAUX INTRODUITS S’ORGANISE ET PREND DE L’AMPLEUR

La lutte contre les oiseaux introduits a été initiée en 2009. Elle s’est tout d’abord cantonnée à l’éloignement des oiseaux nuisibles des nids des Monarques avec des tirs, méthode peu efficace, mais que nous continuons d’appliquer pour éviter toute prédation au nid par les Merles ou que les jeunes ne soient agressés et tués par les Bulbuls.

En 2012 sous l’impulsion de Susana Saavedra, spécialiste des oiseaux invasifs venue des îles Canaries, un réseau de piégeurs impliquant plus d’une cinquantaine de bénévoles et les communes de Paea et de Punaauia – que l’on remercie tous chaleureusement – nous permettent d’éliminer progressivement les Merles et les Bulbuls vivant à l’entrée des vallées à Monarque.


IL FAUT SAUVER LE MONARQUE


SUIVIS ET BAGUAGE DES OISEAUX

Chaque année, les individus sont recensés, bagués et les nids sont suivis…. Et le travail de terrain au-delà des 6 cascades de 10 à 20 mètres de haut qui barrent l’entrée de la zone haute de Maruapo n’est pas toujours facile.


À L’ASSAUT DES CASCADES DE MARUAPO !


LUTTE CONTRE LE MICONIA

Lutte contre le miconia et le pisse-pisse, et réhabilitation de l’habitat.
Des campagnes d’arrachage ont lieu dans les vallées avec des bénévoles, le Miconia est coupé ou arraché. Une grande clairière a été aménagée dans la forêt mono-spécifique de Tulipier du Gabon (ou pisse-pisse) afin d’y planter les productions en plants indigènes des pépinières des écoles.


LES ÉCOLES S’IMPLIQUENT DANS LE SAUVETAGE

Les écoles de Papehue, Manotahi, 2+2 = 4 et Tiapa ont accepté de participer à la sauvegarde du Monarque de Tahiti.

Des conférences ont été présentées à plus d’un millier enfants en trois ans, des sorties ont permis à plusieurs centaines d’enfants de voir le Monarque, des pépinières ont été montées et 4 classes par an dans chaque école se disputent le prix de la meilleure production d’arbres et arbustes indigènes utiles au Monarque.

Ainsi des petits mara, faifai, hitoa…, plants d’arbres endémiques ou indigènes tombés eux aussi dans l’oubli, sont plantés par les enfants dans les vallées. Ils se réapproprient ainsi leur faune et leur flore.

Un concours de dessins et de poèmes a permis de créer avec les enfants des panneaux d’information à l’entrée des vallées.


LES GROUPES DE GESTION PARTICIPATIVE

La sensibilisation des adultes à la sauvegarde du Monarque de Tahiti passe par la formation de groupes de gestion participative (GGP) qui permettent d’impliquer les populations aux différentes actions de la SOP pour ce sauvetage. Le réseau de piégeur est un bel exemple de la réussite des GGP, mais d’autres actions, très importantes, sont menées avec les propriétaires des vallées : construction d’enclos pour contrôler la divagation des chèvres, formations en apiculture, en pépinière.

Un voyage  aux Takitimu Conservation Areas de Rarotonga a permis de montrer aux propriétaires des vallées comment nos cousins des îles Cook se sont organisés pour le sauvetage (réussi) du cousin du Monarque de Tahiti: le Monarque de Rarotonga. Une déclaration d’intention de création d’Aire protégée a ainsi été signée par les représentants des propriétaires des vallées impliqués dans cet échange !


NOS RÉSULTATS

La population a désormais atteint un niveau record de 53 oiseaux, l’espoir est de mise, car si de 1998 à 2008, deux à trois jeunes s’envolaient par an, depuis 2009 ce sont 5, 6, 7 et finalement 13 jeunes qui se sont envolés par an, soit 48 jeunes envolés ces 4 dernières années, et 23 couples qui sont désormais protégés !


NOS FINANCEURS, MÉCÈNES ET SPONSORS

La SOP souhaite remercier la DIREN de Polynésie française, l’Union Européenne, le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, via la Stratégie Nationale pour la Biodiversité, le Critical Ecosystem Partnership Fund, BirdLife International (via la fondation Jensen et Preventing extinction initiative), le SEFI, la CEPA (Conservation des Espèces et Populations Animales), et la fondation Nature et Découverte pour leur participation financière à ce programme de sauvegarde en 2012 ou/et 2013.

Elle souhaite également remercier chaleureusement les trois entreprises du fenua : EDT-ENGIE, OPT et VINI qui nous soutiennent régulièrement.

Ce programme a débuté en 1998 grâce à une subvention du FIDES (Fond d’Investissement et de Développement Economique et Social). La SOP a pu ensuite mener ce programme grâce à des fonds du PDCT (Pacific Island Developement and Conservation Trust) en 1998, du Programme Régional Océanien pour l’Environnement (PROE) en 1999 et 2000, de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), la CEPA (Conservation des Espèces et des Populations Animales) et le Club 300 for Bird Protection en 2001. Depuis 2002 le programme reçoit une subvention du Ministère territorial chargé de l’Environnement (DIREN), qui a été complétée par des fonds supplémentaires (WCS – World Conservation Society), Forest and Bird International, CEPF, BirdLife International ‘species guardian’, d’origine différente d’une année à l’autre.

NOS SOUTIENS

Un grand merci à tous les bénévoles qui viennent ponctuellement nous aider sur le terrain, pour les piégeages ou les campagnes anti-Miconia (et autres). Sans eux, rien ne serait possible.

Les communes de Paea et de Punaauia nous soutiennent désormais formidablement et nous souhaitons les remercier tout particulièrement.

Merci à tous les propriétaires des vallées qui acceptent de se prêter au jeu de ce sauvetage hors du commun.

Le samedi 8 octobre 2016, à 17h, avait lieu la bénédiction de la magnifique fresque murale du Monarque de Tahiti peinte par Charles et Janine Williams à Fare Ute (Papeete – Tahiti) dans le cadre du Festival Ono’u 2016. Merci à tous pour cet émouvant moment de partage et encore nos plus vifs remerciements aux artistes pour la réalisation de cette œuvre extraordinaire. Charles, aidé de sa femme, n’a pas ménagé sa peine durant toute la semaine du festival, pour présenter au monde le Monarque de Tahiti, une espèce emblématique de Polynésie française à protéger absolument, lui et son habitat.

Fresque Monarque de Tahiti©Christian Durocher

Fresque Monarque de Tahiti©Christian Durocher